Quarantaine aux Philippines Episode 6 : Le voyage le plus long de notre vie, Bye Bye les Philippines !
26 avril, El Nido, Palawan
Il est l'heure de quitter la maison qui nous aura accueilli durant 6 longues semaines de confinement. Nous partons à 5h45 de la maison en direction de l'Office du tourisme, là où 3 mini-vans privés nous attendent. Les règles sont strictes, 5 passagers maximum dans chaque bus avec une distance sociale entre les personnes.
Le trajet jusque'à Puerto Princessa va durer 6h. Nous passons au total 8 check-points gardés par des militaires nécessitant pour la plupart juste la vérification des papiers des chauffeurs. Certains points de contrôle nécessitent aussi que l'on donne la température et que l'on réponde à des questions munis de notre certificat de santé "quarantaine".
Arrivés au port, nous devons remplir des formulaires avec nos coordonnées. Nous payons 2060 pesos (CHF 40.-) au chauffeur du mini bus. L'Ambassade française nous avait dit que ce transport était gratuit mais apparemment ils se sont trompés, heureusement qu'il nous reste des pesos philippins. Au terminal, nous devons remplir encore un autre formulaire presque identique au précédent.
Ensuite, nous entrons dans une salle qui ressemble fort aux portes d'embarquement des aéroports car nous devons faire passer nos sacs à dos dans les rayons X. Nous devons ensuite laisser nos sacs à dos dans un côté de la salle pendant qu'un chien policier/militaire fait son travail de dépistage de "je ne sais" quelle substance.
Une fois toutes les formalités accomplies, nous embarquons pour 2 jours de bateau. Le ferry est énorme et plutôt confortable, il y a 2 petits ponts accessibles (l'équivalent de deux balcons), un petit magasin, une salle de séjour et un dortoir. Nous n'avons pas mangé de la journée alors nous nous achetons des nouilles instantanées, la seule chose qui ressemble à peu près à un repas convenable (on en aura beaucoup mangé de ces nouilles). On en profite pour discuter avec un couple de français qui était bloqué aussi à El Nido et avec qui j'ai eu contact sur Facebook les jours précédents.
Nous devons garder le masque à bord et garder une distance avec les autres passagers. Les lits couchettes ont été préparés à l'avance de sorte qu'il y ait une distance sociale.
Le soir, une voix dans le microphone annonce le repas servi dans le lounge principal. Au menu, trois fois par jour, riz-viande ou riz-légumes servis dans des petites boîtes.
La climatisation est si forte que je peine à trouver le sommeil. Je dois m'habiller de sorte à ne pas geler dans mon lit. J'espère juste ne pas tomber malade pendant ce voyage et avoir un des symptômes ce qui nous coûterait notre retour.
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| Voilà à quoi on ressemble pendant la nuit dans le bateau |
27 avril 2020, en pleine mer
A 6h00 pile, une prière retentit dans le haut-parleur suivi ensuite de l'annonce du petit-déjeuner. Je me lève pour prendre mon repas et je m'en vais prendre l'air sur le pont. Il fait bon et chaud à l'extérieur.
Plus tard dans la journée, nous faisons escale à Coron, une île initialement prévue dans notre itinéraire. Nous savourons donc ces quelques paysages en attendant que les nouveaux voyageurs montent à bord. Dans l'après-midi, nous invitons nos amis français à jouer à un jeu de carte. Un touriste finlandais vient ensuite nous présenter son jeu de société très bien créé dans ces circonstances qui s'appelle "Escape Palawan" (Echappe-toi de Palawan). Nous profitons de ce moment de détente en compagnie d'un touriste ukrainien et d'un touriste australien.
28 avril 2020, Port de Manille
Nous débarquons du bateau vers 9h du matin. A l'arrivée, un grand comité d'accueil nous attend. Certains sont en combinaison blanche intégrale, d'autres sont habillés normalement et il y a bien sûr une très forte présence militaire.
Tous les passagers se voient offrir un petit sac contenant des vivres et de l'eau de la part du Département du tourisme. On nous trie en deux groupes (ceux qui vont à l'aéroport et ceux qui vont à l'hôtel) et on nous prend la température (oui, encore). Des milliers de photos sont prises par le personnel sur place pour "documenter" leur action. Après avoir répondu présent à l'appel, nous embarquons dans le bus, escorté par une voiture des gardes côtes.
La sirène rouge-bleue retentissant à travers Manille, nous permet d'arriver à l'aéroport en un temps record. Nous ne sommes évidemment pas pressés car nous devons attendre toute la journée notre vol qui est à 23h45. En sortant du bus, un journaliste britannique de la BBC nous apostrophe pour nous interviewer croyant que nous faisons partie du vol de rapatriement anglais. Après lui avoir répondu par la négative, nous sommes orientés vers une salle d'attente où nous allons patienter jusqu'à 20h. Un fast-food philippin est ouvert jusqu'à 15h où nous allons nous restaurer.
19h45, aéroport de Manille
Vol prévu à 23h45 avec Asiana Airlines : Manille - Séoul - FrancfortNous sommes désormais autorisés à entrer dans la partie des guichets d'enregistrement sur les vols.
A 22h, nous pouvons enfin nous diriger vers le guichet Asiana Airlines pour nous enregistrer sur le vol.
L'hôtesse scanne nos passeports et nous annonce que nous ne sommes pas autorisés à monter à bord du vol car l'Allemagne interdirait le transit aux citoyens Suisses. Nous lui répondons que l'Ambassade nous a certifié le contraire. Je leur montre également un document téléchargé sur le site de l'Ambassade Suisse en Allemagne, autorisants les ressortissants suisses à rentre dans leur pays.
L'hôtesse nous demande de nous mettre sur le côté pour enregistrer les autres passagers. A mesure que le temps passe, nous commençons à stresser même si nous ne sommes d'ailleurs pas les seuls dans cette situation. Les hôtesses parlent, tapotent leurs smartphones et rigolent entre elles alors que les touristes bloqués paniquent devant elles.
Une d'entre elles nous informe collectivement que le Manager va venir nous renseigner sur place une fois qu'il trouvera l'information. Pendant que les autres passagers se font enregistrés, mon chéri appelle le bureau des affaires étrangères en Suisse pour leur demander de l'aide. Heureusement, notre interlocutrice confirme bien l'information que l'on a et est même d'accord de parler à une personne de la compagnie aérienne mais l'hôtesse derrière le comptoir en charge de nos bagages, refuse de prendre l'appel.
Une fois le Manager arrivé, nous essayons tant bien que mal de leur faire comprendre que nous sommes dans notre droit de monter dans l'avion. On nous explique que si on leur fournit une preuve de notre départ de l'Allemagne, on pourra prendre notre vol. C'est donc en catastrophe que je parviens à réserver et payer 2 billets de train en direction de Bâle en Suisse (c'est ce qu'on avait déjà prévu de faire mais ils veulent la preuve écrite). Une fois la confirmation reçue par email, mon chéri négocie pour qu'on puisse garder nos sacs à dos avec nous en cabine, histoire de nous faciliter les choses au transit à Séoul et à l'arrivée à Francfort.
23h30, aéroport de Manille
Une fois enregistrés sur le vol, nous nous précipitons vers l'immigration. Problème : une centaine de personnes attendent déjà de payer l'extension de visa ! Suite à la fermeture du pays, tous les touristes ont dépassé le visa gratuit d'un mois octroyé à l'arrivée dans le pays. Je me renseigne auprès d'un touriste concernant le prix de la taxe à payer. Mon chéri court en arrière pour aller retirer de l'argent car le guichet de l'immigration n'accepte par les paiements par carte.
Le temps passe mais la file ne désemplit pas...
Les Managers des compagnies aériennes viennent compter les personnes appartenant à leurs vols respectifs mais ne peuvent malheureusement par accélérer les choses.
00h15-01h15, immigration aéroport Manille
Nous sommes encore 3 personnes à devoir passer l'immigration pour embarquer dans l'avion. Les deux filles avant nous dans la file, peinent à communiquer avec la dame du guichet de l'immigration. Une des filles s'en va courir au distributeur retirer de l'argent. A son retour, le Manager de leur compagnie Korean Air annonce qu'ils viennent de décharger leurs bagages et qu'elles ne partiront donc pas. Effondrée, une des filles commence à courir à travers le terminal et la sécurité pour leur demander de les attendre.
Nous assistons à cette triste scène et le Manager de notre compagnie profite pour jeter nos passeports à travers le guichet de l'immigration, profitant ainsi de l'esclandre de la voyageuse pour nous faire passer. Nous parvenons à payer notre taxe de 3060 pesos et nous courons à la prochaine étape de l'immigration. Après avoir reçu le tampon sur le passeport, je rejoins mon chéri en courant à la sécurité.
Je jette mon sac à dos sur le tapis roulant du rayon X. Au moment où je passe le portique, le Manager de la compagnie m'informe : Madame, il vous reste 4 minutes avant qu'ils ferment les portes de l'avion, il faut courir !
Je jette mon sac à dos sur le tapis roulant du rayon X. Au moment où je passe le portique, le Manager de la compagnie m'informe : Madame, il vous reste 4 minutes avant qu'ils ferment les portes de l'avion, il faut courir !
C'est donc assisté par un petit comité que nous commençons notre sprint final. Pendant la course, quelqu'un me soulève même mon sac à dos pour m'aider à avancer plus vite ! Mon chéri n'a pas eu le temps de remettre sa ceinture et j'ai juste le temps de vérifier que j'ai bien tous mes papiers en ma possession. Arrivés à l'embarquement, nous devons ENCORE donner notre température. Nous entrons de justesse dans l'avion essoufflés comme pas possible.
C'est avec une 1h30 de retard que notre vol décolle en direction de Séoul, en Corée du Sud. Affamés, nous nous régalons du plateau repas durant le vol de 3h. J'ai l'impression d'avoir vécu une caméra cachée tellement la situation était rocambolesque.
Une fois arrivés à Séoul, nous devons compléter un questionnaire de santé et le remettre à un guichet prévu à cet effet. Tout se passe merveilleusement bien, nous trouvons même une charmante boulangerie pour prendre notre petit-déjeuner. Quelques heures plus tard, je sens la fatigue me gagner et m'endort sur un siège devant une porte d'embarquement.
11h, Aéroport Incheon Séoul Corée
Il est l'heure d'embarquer pour notre vol direction Francfort. Le personnel nous prend la température avant de monter dans l'avion qui est quasiment vide. Nous gardons nos masques durant tout le vol. 10h30 de vol plus tard, le pilote nous informe que nous arrivons à Francfort.
16h00 Aéroport de Francfort
Nous atterrissons à Francfort avec un peu d'avance et nous nous dépêchons d'arriver les premiers à l'immigration allemande car notre train part dans une heure. Notre passage à la douane ne durera que quelques instants contrairement à ce que la compagnie aérienne nous avait annoncé.
Une fois passé les formalités, nous nous dirigeons vers la gare soulagés toujours munis de nos masques.
Une heure plus tard, le train arrive et nous conduit jusqu'à Bâle puis, jusqu'à Berne là où un ami nous attend pour nous ramener à la maison. Le voyage est terminé, nous sommes chez nous !
Une fois passé les formalités, nous nous dirigeons vers la gare soulagés toujours munis de nos masques.
Une heure plus tard, le train arrive et nous conduit jusqu'à Bâle puis, jusqu'à Berne là où un ami nous attend pour nous ramener à la maison. Le voyage est terminé, nous sommes chez nous !




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